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23 mars 2026
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New York 1945–1968 : La modernité comme scène, marché et rupture

Le New York d'après-guerre transforme la modernité en champ de bataille : institutions, galeries, universités, clubs, revues et milieux alternatifs rivalisent pour définir ce qui est considéré comme « nouveau ». La peinture déplace le centre symbolique vers Manhattan avec l'expressionnisme abstrait (l'épopée du geste, l'échelle monumentale), mais il convient de se méfier du récit triomphaliste : cette hégémonie se construit aussi par le marché, la critique et les enjeux de la Guerre froide, laissant des quartiers entiers dans l'ombre. Dans les années soixante, le balancier oscille : Pop Art et culture de masse, minimalisme et réduction matérielle, conceptualisme et primauté de l'idée : l'art ne promet plus de profondeur intérieure, mais plutôt des protocoles, des surfaces, la sérialité. En littérature, la ville articule une constellation hétéroclite : la Beat Generation et Greenwich Village mettent à l'épreuve la morale et le langage ; les poètes de l'École de New York expérimentent une sensibilité vive et conversationnelle, imprégnée de peinture, de cinéma et de rue. En musique, le jazz – du bebop au hard bop en passant par le free jazz – fonctionne comme un laboratoire de la forme et de la politique (improvisation, corps, communauté), tandis que l'avant-garde underground (Cage, Feldman, happenings, Fluxus) érode l'œuvre achevée et que l'émergence du minimalisme (Young, Reich, Glass) reprogramme le temps. Dans cette session, nous explorerons comment, entre 1945 et 1968, New York n'a pas « incarné » la modernité : elle l'a gérée, contestée et exportée, tantôt avec lucidité, tantôt avec une violence symbolique.

Conférence de Carlos Gutiérrez Cajaraville

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